Les traitements de l’éjaculation précoce ne sont ni à idéaliser ni à mépriser.
Ils peuvent être utiles. Ils peuvent même être très utiles. Mais ils doivent venir après le tri de la situation. Un produit qui retarde l’éjaculation ne répond pas forcément à la cause du problème.
Les préservatifs retardants
Ils diminuent les sensations. Parfois par leur épaisseur, parfois par un agent légèrement anesthésiant.
Chez certains hommes, cela suffit à gagner une marge. Chez d’autres, cela diminue trop les sensations, gêne l’érection, ou donne l’impression d’être coupé du rapport.
Ils peuvent être essayés comme aide ponctuelle dans les situations simples. Mais si le contrôle dépend entièrement d’eux, le problème de fond reste à travailler.
Les anesthésiques locaux
Les sprays ou crèmes anesthésiants réduisent la sensibilité du gland. C’est une logique simple, et elle est médicalement reconnue dans certaines situations.
Les recommandations européennes citent notamment les traitements locaux lidocaïne/prilocaïne parmi les options efficaces.
Mais il faut rester prudent : engourdissement excessif, baisse des sensations, irritation, transfert au partenaire, allergie possible. Un anesthésique local ne doit pas non plus masquer une douleur ou un problème apparu récemment.
La dapoxétine
La dapoxétine est un médicament utilisé à la demande dans l’éjaculation précoce chez certains hommes adultes. En France, le Vidal référence PRILIGY comme médicament de l’éjaculation précoce.
Il faut rappeler une chose simple : c’est un médicament. Il a des indications, des contre-indications, des effets indésirables et des interactions possibles.
Il ne doit pas être pris comme un accessoire sexuel. Il se discute avec un médecin, surtout s’il existe un traitement en cours, un antécédent de malaise, une pathologie cardiaque, un trouble psychiatrique ou une consommation d’alcool importante.
Les ISRS quotidiens et la clomipramine
Certains traitements utilisés en psychiatrie peuvent retarder l’éjaculation. Ils sont parfois utilisés dans ce cadre, selon les pays, les indications et les situations cliniques.
Là encore, le raisonnement doit être médical. On ne traite pas une difficulté sexuelle par automédication chronique. On évalue, on explique, on surveille.
Le vrai piège
Le piège n’est pas d’utiliser un traitement. Le piège est d’utiliser un traitement pour éviter de comprendre le problème.
Exemple : si un homme éjacule vite parce qu’il a surtout peur de perdre son érection, un anesthésique local peut parfois aggraver la situation en diminuant les sensations. Si un homme a une douleur ou une gêne urinaire, un spray retardant n’est pas la priorité. Si un homme a une forme primaire très typique, un traitement peut au contraire être une aide intéressante, surtout s’il est associé à un travail sexologique.
La règle pratique
Avant de parler traitement, il faut répondre à quatre questions :
- Le problème existe-t-il depuis toujours ou est-il récent ?
- Y a-t-il une douleur, une gêne urinaire ou un trouble de l’érection associé ?
- L’objectif est-il une aide ponctuelle, un apprentissage durable, ou les deux ?
- Le traitement risque-t-il de masquer un problème qui devrait être évalué ?
Prudence
N’achetez pas de médicament hors circuit fiable. Ne mélangez pas traitements sexuels, alcool, drogues ou médicaments sans avis médical. La discrétion ne doit pas se faire au prix de la sécurité.